Fracture du radius distal : la fracture du poignet la plus fréquente
Chute sur la main tendue, douleur brutale, poignet déformé ou gonflé : la fracture du radius distal est la fracture du poignet la plus courante, à tout âge. Un diagnostic précis et un traitement adapté conditionnent la récupération.
En bref
- La fracture du radius distal représente à elle seule près d'un sixième des fractures prises en charge aux urgences.
- Elle survient typiquement après une chute sur la main tendue — chez l'enfant et l'adulte jeune (sport, vélo, chute à haute énergie) comme chez la personne âgée (ostéoporose).
- Le traitement dépend du déplacement et de l'atteinte articulaire : immobilisation plâtrée seule, ou ostéosynthèse par plaque vissée si la fracture est déplacée ou instable.
- La consolidation osseuse prend généralement 6 à 8 semaines ; la récupération fonctionnelle complète peut demander plusieurs mois.
Sommaire de cette fiche
Comprendre cette fracture
Le radius est l'un des deux os de l'avant-bras ; son extrémité inférieure, dite « distale », forme avec le carpe l'articulation du poignet. C'est l'os le plus fréquemment fracturé du membre supérieur : on parle couramment de « poignet cassé », historiquement décrite sous le nom de fracture de Pouteau-Colles lorsqu'elle survient avec un déplacement typique vers l'arrière.
Le mécanisme le plus fréquent est une chute sur la main tendue, poignet en extension — un geste réflexe pour amortir la chute. L'énergie du choc se transmet le long de l'avant-bras et fracture le radius à quelques centimètres du poignet.
Vous vous reconnaissez dans cette situation ?
- Vous avez chuté sur la main ou reçu un choc direct sur le poignet.
- La douleur est immédiate, intense, et s'accentue au moindre mouvement.
- Le poignet présente une déformation visible, en « dos de fourchette ».
- Un gonflement ou un hématome apparaît rapidement.
- Vous ne parvenez plus à bouger le poignet ni à porter le moindre objet.
- Une sensation de fourmillement dans les doigts peut s'y associer.
Ces signes justifient une consultation en urgence : seule une radiographie permet de confirmer la fracture et d'en préciser le type.
Le parcours diagnostique
Chute sur la main tendue
Consultation en urgence
Radiographies ± scanner
Traitement adapté
Les différents types de fracture
Toutes les fractures du radius distal ne se ressemblent pas : leur prise en charge dépend directement de leurs caractéristiques.
Fracture non déplacée
Les fragments osseux restent alignés. Un traitement orthopédique par immobilisation suffit le plus souvent.
Fracture déplacée
Les fragments sont décalés. Une réduction est nécessaire, suivie d'une immobilisation ou d'une fixation chirurgicale selon la stabilité obtenue.
Fracture articulaire
Le trait de fracture atteint la surface articulaire du poignet. Une reconstruction précise est essentielle pour limiter le risque d'arthrose.
Fracture comminutive
L'os est fragmenté en plusieurs morceaux, le plus souvent lors de traumatismes à haute énergie. Elle nécessite généralement une ostéosynthèse.
Quels traitements sont possibles ?
Le choix du traitement dépend du déplacement, de l'atteinte articulaire, de l'âge et des besoins fonctionnels du patient.
Traitement orthopédique
Réduction si nécessaire, puis immobilisation par plâtre ou résine pendant 6 semaines environ. Réservé aux fractures stables et peu déplacées.
Ostéosynthèse par plaque vissée
La technique la plus utilisée aujourd'hui pour les fractures déplacées ou articulaires : une plaque en titane, posée par voie palmaire, maintient la réduction et permet souvent une mobilisation plus précoce.
Embrochage percutané
Dans certaines fractures, notamment chez l'enfant ou l'adulte jeune, des broches fines suffisent à stabiliser la fracture le temps de la consolidation.
Fixateur externe
Réservé aux fractures très comminutives ou aux situations particulières (ouverture cutanée, lésions associées), en attendant une reconstruction définitive.
Et après le traitement ?
La consolidation osseuse prend généralement 6 à 8 semaines, que le traitement soit orthopédique ou chirurgical. Après ostéosynthèse par plaque, l'immobilisation est souvent plus courte, ce qui permet de débuter la rééducation plus tôt.
La rééducation vise à récupérer la mobilité du poignet et des doigts, puis la force de préhension. La reprise des activités du quotidien est progressive ; celle du sport ou des activités manuelles intervient une fois la consolidation confirmée.
Complications en l'absence de prise en charge adaptée
Cal vicieux
Consolidation en position anormale, source de douleur, de raideur et de perte de force si le déplacement initial n'a pas été correctement réduit.
Arthrose secondaire
Une fracture articulaire mal réduite expose à une usure précoce du cartilage du poignet.
Raideur
Une immobilisation prolongée ou une rééducation retardée peut limiter durablement la mobilité du poignet.
Syndrome douloureux régional complexe
Douleur, gonflement et raideur disproportionnés par rapport à la fracture initiale, nécessitant une prise en charge spécifique et précoce.
Questions fréquentes
Faut-il toujours opérer une fracture du radius distal ?
Non. La majorité des fractures non déplacées ou peu déplacées guérissent très bien sous plâtre seul. La chirurgie est réservée aux fractures déplacées, instables ou articulaires, où elle améliore nettement le résultat fonctionnel.
Combien de temps faut-il porter le plâtre ?
En moyenne 6 semaines pour un traitement orthopédique. Après ostéosynthèse par plaque, l'immobilisation est souvent plus courte, parfois limitée à une simple attelle de confort.
Quand puis-je reprendre le sport ou le travail ?
Les activités de bureau reprennent généralement dès le retrait de l'immobilisation. Le sport et les activités manuelles ou à risque de chute sont repris progressivement, une fois la consolidation confirmée par radiographie, en général entre 6 et 12 semaines.
Vais-je garder des séquelles ?
La plupart des patients retrouvent une fonction normale. Le risque de séquelles (raideur, arthrose, perte de force) augmente en cas de fracture articulaire mal réduite ou de rééducation insuffisante — d'où l'intérêt d'un traitement initial adapté.
Une chute banale peut-elle vraiment casser le poignet ?
Oui, en particulier chez la personne âgée où l'ostéoporose fragilise l'os : une simple chute de sa hauteur suffit alors à provoquer une fracture. Chez le sujet jeune, il faut en revanche un traumatisme plus important.
Une fracture du poignet mérite une prise en charge précise
Le résultat fonctionnel à long terme dépend directement de la qualité de la réduction et du choix du traitement. Une consultation spécialisée permet d'évaluer précisément le type de fracture et d'orienter vers la solution la plus adaptée à votre situation.